Réussir vos prises de parole en public

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Parler en public, que ce soit pour exprimer son opinion dans un groupe, pour pitcher un projet de Startup en quelques minutes devant tout un amphi de professionnels, ou pour animer une conférence devant 400 personnes… ça peut être intimidant… pour ne pas dire, carrément flippant.

Certains d’entre nous se laissent complètement dominer par le stress, perdent tous leurs moyens, lâchent le volant et se cachent les yeux… Et ça donne en général de grands moments de souffrance et de solitude (à la fois pour le speaker et pour la salle).

Mais d’autres, à l’inverse, parviennent à passionner leur auditoire, à véhiculer enthousiasme, énergie et émotion… et au final, à captiver toute la salle. Comment font-ils ? Comment réussissent-ils à transformer leur stress et à l’utiliser à leur avantage?

Voici quelques conseils sur comment bien gérer votre stress pour réussir vos prises de parole en public.

Parler devant un public, ça m’est arrivé à de nombreuses reprises durant mes études – comme à tous les étudiants d’école de commerce. Chaque exposé, chaque travail de groupe se terminait systématiquement par une prise de parole en public, devant le prof et toute la promo réunie, soit une cinquantaine de personnes.

Si en général je m’en sortais sans trop de problèmes, il m’est arrivé de louper ma prestation, d’être plat, voire carrément mauvais ; et à l’inverse, en quelques occasions, il m’est arrivé d’avoir le feu sacré et de faire des présentations parfaitement épiques et réussie dont je me souviens encore.

Si j’analyse les différences entre ces différentes expériences, je me dis que c’était UNIQUEMENT question

  • de préparation
  • d’état d’esprit
  • de gestion du stress

Préparation

Dois-je vraiment en parler ? Plus vous vous préparez à votre prise de parole en public, plus vous maîtrisez votre sujet et votre discours, et plus vous réduisez le risque de vous égarer, d’avoir un trou de mémoire ou de partir en boucle (les 3 cauchemars du speaker).

Structurez votre discours !

En général, je me fais un plan avec les grands axes et les phrases clé de mon speech (les plus impactantes possibles). Je surligne en jaune et j’agrandis en taille 48 les trucs à ne surtout pas oublier et j’imprime ça sur une ou deux feuilles que je pose devant moi pour m’entraîner à réciter ça à l’oral, jusqu’à ça coule parfaitement et logiquement dans ma bouche.

Si votre discours devient logique et évident pour vous, alors vous saurez le restituer sans aucun problème.

Si vous devez pitcher votre projet de Startup, au pitch fire ou devant le jury, lisez les articles que j’ai écrit pour avoir plus d’infos sur c que vous devez mettre dedans, et sur comment vous y préparer.

Maitrisez votre phrasé et votre attitude

Super important :

  • Ne parlez pas trop vite (entraînez vous !!)
  • Ne parlez ni trop fort, ni trop faible (ayez un complice en face de vous au fond de la salle pour vous faire signe si ça ne va pas)
  • Sachez marquer des pauses : les pauses réveillent l’audience et appuient vos déclarations.
  • Ne vous excusez pas si vous bredouillez ou fourchez : vous avez mieux à faire que demander pardon (et ça stigmatise une petite erreur qui peut arriver à tout le monde, et qui aurait très bien pu passer inaperçue)
  • Vous pouvez parler avec les mains, mais évitez de gesticuler, ou de vous balancer d’un pied sur l’autre (demandez à votre complice de vous faire signe !!)
  • Soyez le plus souriant possible : ça détend les gens, et favorise leur sympathie envers vous
  • Ne cherchez pas à être excessivement drôle ou excentrique : si vous faites de l’humour, ça doit être naturel et équilibré, surtout pas forcé
  • Si vous ne savez pas quoi faire de vos mains : croisez vos mains derrière vous, façon “militaire” (surtout pas devant = “je suis sur la défensive”; et évitez les mains dans vos poches, ce qui peut être perçu comme “je m’en fous”).

Ne vous y prenez pas au dernier moment !

Votre cerveau travaille pour vous : plus vous commencez à réfléchir à votre discours à l’avance, plus vous laissez de temps à votre cerveau pour travailler en arrière-plan et trouver des formules chocs, et imprimer les passages importants.

S’y prendre deux heures avant ne suffisent pas : prévoyez de vous y prendre au moins 6 heures, voire une journée à l’avance.

Etat d’esprit

Encore plus important que la préparation (bien que celle-ci soit indispensable), c’est l’état d’esprit avec lequel vous abordez votre prise de parole.

Si j’analyse les différentes prises de parole que j’ai pu faire, je trouve trois états d’esprit différents.

Vous êtes en mode « j’y vais mais ça me soule ».

Vous ne vous sentez pas concerné par la bataille (soit parce que le projet / sujet est nul, soit parce que le prof / jury est nul à vos yeux, soit parce que vous n’avez pas envie de vous investir pour l’équipe). Résultat : votre intervention manque de conviction, d’énergie. Vous faites le strict minimum, et même moins. Vous n’êtes pas convainquant, pas motivé, pas concentré, vous oubliez des trucs, vous ne savez plus ce que vous devez dire, ni dans quel ordre… et ça se voit, ça s’entend, et le résultat final est très médiocre.

A priori, si vous êtes au Startup Weekend, c’est que vous l’avez choisi, ce cas de figure devrait donc ne pas vous concerner… en tout cas je l’espère :)

Vous êtes en mode « j’y vais mais j’ai peur »

Vous passez à l’oral parce que vous y êtres obligé ; mais si vous le pouviez, vous préféreriez être à 200 kilomètres de là, dans votre canapé bien en sécurité. Vous craignez le regard et le jugement de vos pairs, vous vous sous-estimez, vous surestimez leur exigence, et de ce différentiel, nait la trouille absolue de ne pas être à la hauteur. Du coup, vous êtes terrorisé. Vous êtes tendu et raide comme un bâton. Vous ne respirez pas bien. Votre voix fait des trémolos, vous tremblez des pieds à la tête. Vous bredouillez. Du coup le stress empire, et c’est le cercle vicieux qui s’installe, la spirale infernale de l’avion qui descend en flammes.

Là, c’est très possible que ce soit votre cas de figure : pas de panique, je vous explique après comment gérer le stress et basculer dans le mode suivant :

Vous êtes en mode « j’y vais, j’y crois et surtout, je me fais plaisir »

Peu importent les circonstances : vous avez décidé de vous faire plaisir. Vous avez décidé que ce serait un bon moment. Un moment fait de plaisir et d’échange avec votre audience. Ce n’est plus VOUS vs EUX, c’est VOUS avec EUX.
Et cela parce que vous avez un truc intéressant à leur faire découvrir, et que vous tenez à partager avec eux. Du coup, vous êtes pédagogue, clair dans vos explications, enthousiaste et enthousiasmant ; vous êtes attentif ET réactif à leurs réactions. Le stress s’évanouit : c’est pour eux que vous parlez, pour leur expliquer un truc trop cool.

Inutile de dire que c’est dans cet état d’esprit que vous devriez essayer d’être. Mais cela suppose que vous soyez capable de gérer votre trac et de l’utiliser à votre avantage pour éliminer la peur, et faire monter en vous l’envie de vous faire plaisir.

Gérer le trac : passer du stress au plaisir

Stress, trac, appelez-ça comme vous voulez. Toujours est-il que nous l’éprouvons tous, à des degrés divers et variés, à l’idée de parler en public. Et c’est tout à fait normal : le stress est un réflexe de survie, qui permet de mobiliser notre corps et notre esprit, pour pouvoir réagir plus vite et plus explosivement si nécessaire.

Le trac n’est pas un signe de faiblesse, c’est un signe positif !

A partir de là, vous devez accepter le stress non pas comme une preuve de faiblesse, mais comme le signe que vous êtes prêt à tout, conscient des enjeux et concerné par votre prise de parole.

En d’autres termes, le trac, c’est bon signe ! Ca veut dire que vous êtes là, et que votre corps commence à se préparer pour vous permettre de donner le meilleur de vous-même.

Au lieu de vous dire « Oh merde oh merde je stresse j’ai le trac c’est la cata », dites vous « Ok j’ai la pression qui monte, c’est normal, ça veut dire que je suis là, que je suis en train de préparer mes ressources physiques et intellectuelles ».

Le meilleur moyen de gérer le stress, c’est de faire monter… le modjo.

Faites monter le modjo !

Le modjo (ouais, comme dans Austin Powers – on a inventé la notion sur FTS ), c’est le « bon » stress, le feu sacré. C’est ces moments d’énergie pure qui vous donne l’impression que tout vient naturellement, que vous flottez à 5 cm du sol, que vous êtes en mode « pilote aweso-matique ». Les sportifs et les artistes, les comédiens et les speakers professionnels connaissent parfaitement cet état, qui transforme le stress brut en énergie pure, et vous remplit d’émotions positives.

Pour faire monter le modjo, rien de plus simple.

Visualisez votre réussite

Imaginez votre réussite. Imaginez vous en train de parler devant une foule attentive et passionnée : imaginez que vous êtes trop bien dans vos baskets ; détendu, la voix grave et posée, les mots vous viennent naturellement, vous êtes trop à l’aise, vous êtes trop bien, vous pourriez parler pendant des heures comme ça. Les gens vous écoutent, prennent des notes, sourient à vos traits d’esprit et à vos anecdotes… C’est PARFAIT.

Imaginez la fin de votre speech : les gens qui se lèvent, qui applaudissent, qui rient et qui sifflent. Le moment magique, tout s’est bien passé, vous êtes connecté à votre audience, il y a une vraie connivence qui s’est installée, tout le monde est en phase.

Ca sonne un peu hippie / new wave pas vrai ? Moi-même ça me fait sourire ; mais ça marche du TONNERRE ! J’utilise cette technique à chaque fois. D’ailleurs, je ne suis pas le seul. Les sportifs pratiquent la visualisation positive, tous ceux qui doivent transformer le stress en énergie l’utilisent.

Anecdote perso : ça marche !

En juin 2009, j’ai fini mes études à BEM, et il se trouve que j’étais major de ma promo : je devais donc donner un discours à la remise de diplômes, devant tous mes potes, mais aussi, devant leurs parents, mon directeur et mes profs. Au bas mot, 200 personnes. Je n’avais pas le droit de me louper. Et pour couronner le tout, on m’avait seulement prévenu… la veille ! J’avais du préparer mon discours la veille au soir, en vitesse, j’avais terminé à 4h du matin, et je n’avais dormi que 3 ou 4 heures. Bref, grand moment… de pression ! Tout à fait dans l’esprit du Startup Weekend en fait :)

Pour me préparer, je relisais mon plan de discours, imaginant mon attitude sur les points clés, la réaction du public ; je vivais la scène en même temps que je la répétais pour me l’approprier. Bien sûr, je n’étais pas du tout sûr que ça se passe aussi bien en vrai que dans mon imagination : mais j’avais décidé que c’était comme ça que ça devait se passer.

Le moment de la prise de parole est arrivé, et je me suis retrouvé derrière le pupitre, face à un amphi plein. Mes potes de promo en mode costard et tailleurs (inédit !) ; leurs parents, mes profs… GO !

J’avais décidé que ce serait un moment inoubliable pour moi, mais je voulais aussi qu’il soit mémorable pour eux. J’avais tellement répété et vécu mon discours en esprit, que ce n’en était plus un, mais une histoire que je racontais. Une histoire faite de bons moments, d’émotion et de partage.  Je vous la fait courte : ça s’est parfaitement bien passé ; exactement comme je le voulais. Les gens ont apprécié, je crois qu’un certain nombre d’entre eux ont été touchés. La bonne façon de terminer notre aventure commune.

Pourquoi je vous raconte ça ?

Pour que vous compreniez que si vous voulez que vos prises de parole en public fonctionnent, vous devez y mettre une large part de vous-même.

  • Vous devez avoir bossé dur pour avoir du bon contenu
  • Vous devez avoir envie de le partager avec votre audience : pour EUX, pas pour vous
  • Vous devez avoir envie de vous connecter avec eux, pour ressentir leurs émotions et vivre ce moment à plusieurs
  • Vous devez avoir envie de leur faire vivre un bon moment

L’espace d’un instant, cette foule assise en face de vous, vous devez en faire une famille, un groupe d’amis, plutôt qu’une foule sceptique et potentiellement hostile. Si vous faites cet exercice mental, couplé à un gros travail de préparation, alors je vous garantis que votre prise de parole en public sera mémorable, pour vous, et pour eux.

Voilà pour l’aspect psychologique de la prise de parole en public. Dans un autre article, j’expliquerai ce qu’il faut mettre dans votre présentation en termes de contenu pour la présentation devant le Jury le dimanche soir au Startup Weekend.

J’espère vous avoir apporté quelque chose, n’hésitez pas à retweeter si vous avez aimé, et à réagir dans les commentaires si vous le souhaitez ! Et si vous voulez discuter avec moi, je suis sur Twitter !